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Il faut un certain courage pour braver la route sans fin, cahoteuse et pleine d'ornières qui relie Dakar à Kidira, le principal poste frontière entre le Sénégal et le Mali. Prévenus et conscients de cela, nous nous sommes levés à 6h mardi matin et ce n'était pas chose facile car depuis 1 mois le réveil avait plutôt l'habitude de sonner vers 9 ou 10h. Qu'importe, nous étions motivés pour ce nouveau départ et nous avons rallié "pompiers" la principale gare routière de Dakar, attendu notre 7 places pour Tambacounda, acheté quelques fruits pour la route et la voiture s'est mise en branle à 7h30 precises.

Notre véhicule comme la plupart des autres 7 places du continent est une 505 break hors d'âge rafistolée de toutes pièces, les amortisseurs sont morts depuis longtemps, de la rouille en veux tu en voila, les 4 pneus sont lisses et de taille différente, aucun compteur ne fonctionne, le pare-brise est cassé et je n'ose pas imaginer comment, une porte sur deux s'ouvre, les sièges sont usés, limés et on s'enfonce dedans jusqu'a ce qu'une barre métallique et fort douloureuse ne vous calle tant bien que mal. Dans notre malheur nous avons de la chance car pour 1000Cfa de plus nous avons négocié la banquette du milieu et les fenêtres s'ouvrent.
L'objectif de la journée est d'atteindre Tambacounda, d'y passer la nuit et de rejoindre Kayes au Mali le lendemain en passant par Kidira à la frontière. Tamba est à 350 Km de Dakar mais ici on ne raisonne pas en Km pour calculer les temps de parcours. Tout dépend du trafic, de l'état des routes et bien sûr de fiabilité du véhicule.
Il nous a fallu au mois 1h30 pour sortir de Dakar et a chaque arrêt dans les bouchons, une multitude de vendeurs ambulants et de talibés (enfants confiés à des écoles coraniques et contraints de mendier toute la journée pour recevoir une maigre portion de riz et va savoir ce qu'il leur arrive si la somme qu'ils ramènent le soir n'est pas suffisante).
La route jusqu'à Kaolack (a mi-chemin) est bonne mais de Kaolack à Tamba, elle est parsemée de profonds nids de poule et il est plus facile de rouler sur les pistes a coté que de zigzaguer sans cesse entre les obstacles (trous, chèvres, moutons, vaches, vélos...). Sur la route nous croisons quelques carcasses d'animaux, je comprends mieux maintenant l'état de notre pare- brise...Il a aussi des épaves de voitures sur le bas coté. Ici l'accident ne pardonne pas, il n'y a pas de ceinture et la plupart des chocs sont frontaux...Heureusement nous avons un bon chauffeur et nous arrivons à bon port après 10h de route et une seule pause au bout de 7h car ici toutes les 7 heures une pause s'impose... Difficile pour ceux qui ont la vessie sous-dimensionnée mais de toute façon le chauffeur s'arrête sur demande.
Pour nous le choix de l'auberge est facile, nous cherchons la moins chère. Après nous être installés dans notre chambre surchauffée et heureusement ventilée, nous partons visiter la ville jusqu'à la nuit. Tambacounda comme pour beaucoup de voyageurs n'est pour nous qu'une étape. La ville est agréable et mérite l'escale. Des files de voitures partent dans toutes les directions, la ville se situe à l'intersection des routes menant au Mali à l'est, en Guinée au Sud, en Gambie à l'ouest et en Mauritanie au Nord.
Le lendemain, nous quittons le garage (comprenez gare routière) à 7h30 pour Kidira mais cette fois nous avons moins de chance, les fenêtres ne s'ouvrent pas et la voiture tombe en panne au bout de 30 Km. Le moteur a surchauffé et comme la jauge de température ne fonctionnait pas, le chauffeur a attendu que de la fumée sorte du capot pour s'arrêter.
Diagnostic:
Faisceaux électriques fondus sur la culasse et plus d'eau dans le moteur. J'ai rafistolé les fils et nous avons attendu que le moteur refroidisse pour remplir l'eau.
Bilan:
Une heure d'attente heureusement dans un petit village de brousse où il y avait un peu d'ombre.
Nous avons avalé les 184 Km menant à la frontière en 4 heures grâce à mes maigres compétences en mécanique auto...
Le passage de la frontière s'est passé sans encombre. Il n'y a aucun affichage, seulement quelques bidons qui bloquent la route pour indiquer les check-point. La sortie du Sénégal a été facile mais pour le tampon d'entée au Mali, nous avons dû trouver nous même le poste de police situé à 500m à l'écart de la route. Les policiers Maliens étaient tranquillement en train de boire le thé sous un arbre et ils nous ont rapidement tamponné nos passeports. J'ai même pu essayer une vraie paire de menotte comme dans les films. Ici les récalcitrants sont juste attachés à un banc. Les policiers nous ont proposé de manger avec eux mais nous avons préférer rejoindre au plus tôt le garage pour Kayes.
Nous y sommes arrivé le soir à 17h et nous sous sommes installés au centre d'accueil de la jeunesse. Selon les dires, Kayes est la 'cocotte minute' du Mali non pas par la pression qui y demeure mais bien par la chaleur qui y règne. Les 40 degrés à l'ombre y sont fréquemment dépassés et c'est cette chaleur qui nous a cueilli dès la sortie de la voiture. Jamais nous n'avions transpiré autant, les gouttes se forment a vue d'oeil sur la peau et nous devons boire beaucoup d'eau pour compenser la transpiration. Nous avons l'impression que l'eau que nous buvons ressort instantanément.
Le soir,miracle, une pluie tropicale salvatrice s'abat sur la ville. Alors que tout le monde se met à l'abri, nous profitons de cette aubaine après cette torride journée. Je sors en caleçon dehors et me douche sous cette eau froide, j'y reste une demi heure. Emilie quand a elle sort toute habillée car une tenue correcte est exigée à l'auberge... C'est vraiment du bonheur, il pleut des cordes et le vent s'y mêle. Le sol a du mal à absorber toute cette eau et nous pataugeons rapidement dans une boue rouge qui nous glisse entre les orteils. Les crapauds sortent aussi, au moins nous ne sommes pas les seuls a être contents.
Après une nuit brûlante, nous nous réveillons tous moites et partons arpenter la ville après avoir dévorer une mangue chacun en guise de petit-déj. La ville est plaisante, elles est situé a cheval sur le fleuve Sénégal et nous barbotons un peu sous le pont. C'est ici que les enfants jouent et que les femmes lavent leur linge.
La ville a gardé quelques anciens bâtiments coloniaux et le marché est gigantesque. Nous crapahutons toute la matinée et vers 14h nous nous mettons en quête de quelque chose à nous mettre sous la dent. Nous nous rendons rapidement compte qu'ici les restaurants ne courent pas les rues contrairement au Sénégal. Nous finissons par en trouver un où nous avalons un couscous viande sauce arachide et un peu de sable qui croque sous la quenotte.
Nous attendons le train pour Bamako qui doit partir vers 20h. Il faut 12h pour parcourir les 600Km jusqu'a la capitale, on est loin de notre TGV...
En attendant nous essayons de nous acclimater a cette température mais pour ma part j'espère bien que le ciel nous tombera sur la tête encore une fois ou deux.
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Eh bien décidément quel plaisir de vous lire et de partager un peu vos aventures. On sent que ce voyage va vous faire sacrément grandir. Merci merci pour les photos.
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