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Nous voila de retour dans la civilisation 'moderne' après 8 jours d'excursion époustouflants dans le pays Dogon. Une fois que j'ai été remis sur pied, Isaac nous a rejoint à Sévaré et nous sommes partis ensemble à Bandiagara où nous avons passé notre première nuit à la belle étoile sur la terrasse. Les sentiers étant relativement escarpés et sablonneux dans le pays dogon, il vaut mieux voyager léger. Nous avons donc laissé un sac chez Boubacar avant de rejoindre Djiguibombo, point de départ de notre randonnée.
Le pays Dogon est le territoire du peuple portant le même nom. Les villages sont installés le long des immenses falaises de Bandiagara. Certains sont dans la plaine, d'autres sont au pied de la falaise et d'autres encore sont situés en haut du plateau rocheux. Djiguibombo est sur le plateau et après une pause dejeuner-sieste, nous sommes descendus à Kani-Kombolé à 6 Km de là. A peu près à mi-chemin, une vue époustouflante s'est offerte à nous. Du haut du plateau rocheux, la plaine s'étend à perte de vue, les fameux grands espaces africains.
La plaine est parsemée de baobabs, karités, balanzins et autres essences qui tranchent avec le jaune-orangé de la terre nue. Nue en cette saison mais la saison des pluies arrive et bientôt la plaine sera verte des jeunes pousses de mil. Plus tard encore elles sera couverte de haut epis de mil et sorgho, principale ressource alimentaire ici. Les paysages évoluent au fil des saisons. Nous sommes en fin de saison sèche, il fait chaud et c'est arride. Nous n'aurons pas la chance de voir les chutes d'eau et la verdure. En contrepartie, nous ne sommes pas en saison touristique et nous ne croiserons quasiment personne hormis la population locale.
Ces 8 jours ont defilé rapidement et finalement, c'est uniquement le soleil qui rythmait les journées. Tous les soirs, nous nous endormions sur le toit d'un campement sous une magnifique voute étoilée. Le matin, le soleil nous sortait tranquilement de notre torpeur entre 6h et 7h selon notre position par rapport à l'ombre de la falaise.
Après le petit dejeuner nous partions pour notre marche matinale, 4 à 8 km sur les sentiers reliant les villages le long de la falaise. Avant que le soleil ne cogne trop (avant midi), nous nous arrêtions pour le déjeuner dans les villages. C'est seulement vers 16h après une visite du village et une petite sieste que nous repartions à pied (encore 6 à 10 km). Ici pas d'electricité et les panneaux solaires sont rares. Nous passons donc la soirée au campement à la lueur d'une lampe à pétrole. Evidemment pas d'eau courante non plus, les campements sont équipés de gros reservoirs perchés en haut des douches, ici l'eau chaude est gratuite...
Le deuxième jour, nous atteignons le village de Téli le midi. C'est ici que nous découvrons les talents de batisseurs des dogons. Le nouveau village est situé au pied de la falaise mais l'ancien Téli est construit au sommet des éboulis et dans les infractuosités de la paroi. Les premiers habitants de la falaise étaient les tellem avant qu'ils ne soient chassés par les Dogons. Malgré la hauteur de la falaise (400m de moyenne et jusqu'à 700m), les Tellem réussirent à y construire des habitations et des greniers dans des endroits inaccessibles. Ils avaient également l'habitude de déposer leurs défunts au dessus du village dans des cavernes bouchées par la suite avec de l'argile. Leur évolution sur les parois était surement facilité par la présence de lianes et autres plantes grimpantes présentes lors du millenaire precédent.

Un jour alors que j'étais tranquilement en train de faire la sieste sur une terrasse, Emilie me reveille en sursaut et me previent qu'un énorme nuage sombre nous fonce dessus à une vitesse impressionnante. Nous avons à peine le temps de descendre nos affaires a l'abri que déja le nuage de sable englouti le village. Le ciel s'obscurcit en quelques secondes jusqu'à devenir rouge sombre. L'atmosphère est saturée de poussière, plus un bruit alentour à part celui du vent. Nous n'avions jamais vu ça. Le soir nous rejoignons Enndé où nous découvrons les méthodes artisanales de teinture à l'indigo. Le village est également riche en Bogolans traditionnels (cotonnade teinte à partir de terre et de pigments naturels).

Le lendemain, nous remontons par un sentier escarpé jusqu'au village de Begnemato sur le plateau. Pendant la montée, des femmes nous doublent avec des récipients de bière de mil sur la tête. Une fête doit se tenir là haut. Effectivement, c'est jour de mariage et nous sommes invité à partager des calebasses de dolo (bière de mil).
Nous mangeons même du cochon grillé dans le hameau chrétien. Le lendemain nous rendons visite aux écoliers du village. C'est Isaac qui est à l'origine de la création de cette école, en partenariat avec la haute savoie. La redescente dans le vallée est magnifique, on se croirait dans le grand canyon!
A certains endroits des escaliers en pierre nous aident à descendre le long d'une faille, ailleurs des échelles traditionnelles facilitent la descente. Un guide est indispensable au pays Dogon pour tout les aspects culturels. Sans Isaac, nous serions passé à côté de nombreux points essentiels de la culture dogon. Pire nous aurions risqué d'offenser les habitants en marchant sur des sites sacrés et nous aurions été obligé d'offrir des sacrifices (coqs, montons et même vaches) pour rattraper les faux-pas.
L'ensemble des traditions et coutumes dogon est appelée cosmogonie.
La cosmogonie dogon est extrèmement complexe et Isaac n'a pu nous en faire découvrir qu'une petite partie. Les masques sont des éléments important de cette culture. Chaque masque a une place spécifique et une signification propre et nous en avons eu un aperçu lors de la visite du musée Nombori.
La randonnée s'est terminée à Sangha après une rude montée à travers la falaise. De là nous avons rejoint Bandiagara où nous avons récupéré le sac. Isaac nous a quitté à Sévaré pour rentrer à Bamako. Ces 8 jours ont vraiment été dépaysant et riches en découverte. Nous sommes actuellement à Mopti, centre de l'industrie touristique malienne. Ici c'est beaucoup moins calme que le pays dogon. La prochaine étape sera sûrement Tombouctou au pied du désert, la ville mythique du Mali. Du coup il nous faut prolonger notre visa. Puis d'ici une quinzaine de jours, nous descendrons sur le Burkina Faso.
Voilà deux mois que nous sommes sur le sol africain et nous avons toujours autant soif de découverte. Ce continent est énorme et il faudrait des années pour le découvrir en entier. Nous sommes maintenant persuadé que le voyage se finira trop tôt. En attendant il nous reste un pays à découvrir, le pays des hommes intègres.
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Avant de vous quitter, je tiens a vous remercier pour la carte anniversaire.
Je vous embrasse tres fort, votre ami JoJo.
Je pense que ma Ju se joint a moi.
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