Voici les péripéties d' Émilie et Alex en Afrique de l'ouest.
L'aventure commence au Sénégal et se poursuivra jusqu'où le vent voudra bien nous porter...
Cette épopée humaine pèsera de tout son poids dans notre vie future...
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Le Fouta Djalon: Le château d'eau de la Guinée
Bonjour à tous,
Finalement, nous avons réussi à trouver une connexion à Labé, capitale du Fouta Djalon. Grâce au barrage hydro-électrique à proximité de la ville, il y a ici du courant quelques heures par jour et on ne peut pas en dire autant du reste du pays qui lui est plongé dans le noir dès la nuit tombée.
Voila donc maintenant 8 jours que nous évoluons dans ce fameux massif du Fouta Djalon. La ville de Mamou est considérée comme la porte d'entrée du Fouta mais cette bourgade ayant mauvaise réputation, nous y restons juste le temps de changer de voiture. Nous choisissons de poser nos bagages à Dalaba, petite ville perchée à 1200m d'altitude et entourée de pinèdes. Nous nous installons dans une petite auberge tenue par le gentil Mr Koffi et l'ambiance 'comme à la maison' qui y règne nous séduit tout de suite. Koffi est cuisinier de métier et il s'est installé ici avec sa petite famille après avoir travaillé comme 'chef' dans quelques uns des meilleurs hôtels du pays.
Le lendemain de notre arrivée, nous partons admirer la vue depuis la terrasse du plus bel hôtel de la ville mais nous nous faisons piéger par la pluie et ici quand il pleut, il vaut mieux trouver vite un abri. Nous nous réfugions donc dans le grand salon de l'hôtel où nous restons lovés dans de grands canapés coloniaux en sirotant un thé et en regardant une ét ape du tour de France. Une fois la pluie arrêtée, nous nous rendons à l'office du tourisme où nous rencontrons son directeur, Daïmou. Celui ci nous explique que malgré la création d'un ministère il y a peu, le gouvernement n'a pas la volonté de développer le tourisme en Guinée. Il y a pourtant énormément de sites dans le pays susceptibles d'attirer les touristes et notamment dans le Fouta. Les fonds débloqués sont très insuffisants, ils ne permettent pas de valoriser les sites et encore moins d'en faciliter l'accès.
Notre première idée était de se trouver une bonne carte IGN et de crapahuter en autonomie complète dans le massif mais pour plusieurs points, ça c'est avéré impossible. Premio, il n'existe pas de carte détaillée de la région et quand on voit la tête des sentiers on comprend bien pourquoi. Deuxio, la topologie du terrain ne nous permettait pas de voyager avec 10 à 15 kilos chacun sur le dos. Tersio et on en revient toujours au même point, on serait passé à coté de l'essentiel. Bilan des courses, nous organisons avec Daïmou plusieurs jours d'excursion et tans pis pour ma boussole qui restera bien au chaud.
Le lendemain nous partons donc pour une randonnée de 16Km autour de Dalaba avec en point d'orgue le 'pont de dieu', une arche de roche qui surplombe une belle cascade. Daïmou a une formation de botaniste et nous délivre de précieuses explication sur les plantes et les essences d'arbres de la région. Il nous sensibilise également sur les problèmes liés à la déforestation: érosion du sol qui rend les terres stériles, baisse de la pluviométrie, disparition progressive des écosystèmes.
Tout au long de la ballade, nous traversons de charmants petits villages peuls composés souvent de 3 à 4 cases seulement. Les villages sont généralement clôturés pour ne pas que les moutons, chêvres et vaches ne viennent manger les plantations de maïs, arachide, fonio, manioc... On entre dans ces enceintes par de petits portillons en bois qui se referment tout seuls. Ici le terrain est très escarpé et chaque case est construite sur une terrasse en pierres rouges qui permet d'une part d'avoir un sol plat et d'autre part de drainer l'eau.
Dalaba était un centre de cure très fréquenté par l'administration coloniale et de retour en ville, Daïmou nous emmène visiter la villa Sili, l'ancienne demeure du gouverneur français. Les meubles et la décoration n'ont pas bougé depuis l'indépendance et pour quelques minutes on s'imagine à la place des mêchants colons...
Nous pénétrons également dans la magnifique case des palabres qui servait de salle de réunion pour les chefs de cantons (peuls) à l'époque coloniale. La case est décorée de bas reliefs aux motifs peuls et le sol est un vrai chef d'oeuvre.
Chaque chef avait sa place matérialisée par les symboles de sont canton sur le mur derrière son trône (qui ont d'ailleurs disparus).
C'est à cet endroit précis que fut proclamé l'independance de la Guinée en 1958.
Le jour suivant, Daïmou nous loue sa moto et nous partons pour Ditinn à 35 Km de là. La piste est très mauvaise mais c'est un vrai régal pour moi de conduire sur ce type de terrain. Emilie quand à elle a eu quelques frayeurs quand je coupait le moteur dans les longues descentes sinueuses.
Nous loin de ce village se trouve la chute la plus haute du pays qui coule à flanc de falaise sur une hauteur de 100m environ. Nous ne restons au pied de la chute que le temps de prendre des photos car les embruns nous mouillent jusqu'aux os et la pluie n'arrange rien.
Sur le chemin du retour, nous tombons en panne d'essence mais heureusement ici, on en trouve même en pleine brousse. Pour couronner le tout, une crevaison nous oblige à pousser un peu...
Durant ces quelques jours à Dalaba, Koffi nous chouchoute dans son auberge et le soir, nous avons droit à des spécialités africaines alors que les clients 'standards' n'ont le choix qu'entre poulet et poisson.
Le samedi 19, nous quittons Dalaba pour un treck de 3 jours en compagnie de Daïmou pour rallier Pita a 56Km de là. Nous expédions un sac directement la bas et nous décidons de se passer des services d'un porteur, mes épaules s'en souviennent encore...
Une fois n'est pas coutume, c'est Emilie qui va vous relater ce treck, ça permettra de varier le style et de vous montrer qu'elle aussi, elle sait écrire. Je tiens à préciser que si c'est moi qui écrit depuis le début du voyage, c'est que contrairement à Emilie, je ne tiens pas de journal de bord et que le blog me permet comme elle sur son carnet de poser mes ressentis.
La suite de l'article est donc extrait de son journal de bord.
Samedi 19 juillet:
En route pour 3 jours de rando dans le Fouta Djalon. Nous quittons Koffi et sa petite famille à 9h30. Un taxi brousse nous dépose à Bomboli, à 35 km de Dalaba. C'est notre point de départ. Alex à mon gros sac à dos et moi un plus petit.
Nous commençons notre excursion par la chute de Bomboli, non loin du village. Puis nous remontons en faisant une halte par le petit marché en plein air pour faire quelques provisions pour la journée. Le temps qui était plutôt clair en ce début de matinée s'obscurcit soudainement et déjà une averse nous tombe dessus. Mais vaille que vaille, nous nous armons de nos capes de pluie et partons braver la tempête! Au programme, la grotte de Gounda, habitée par des chauves-souris. Puis nous nous mettons à l'abri dans la maison d'un célèbre peintre guinéen, absent ce jour, en attendant que la deuxième averse s'arrête. Nous repartons pour 2h de marche avant de faire une pause déjeuner à la cascade de Mitty. Tout est mouillé mais nous mangeons notre sandwich humide avec tout de même bon appétit. Mon aventurier qui n'a peur de rien en profite pour piquer une petite tête au pied de la cascade malgré la fraicheur ambiante. Après tout ça nous reprenons la route. Il nous reste 8km à faire avant d'arriver à Maci pour y passer la nuit. Nous sommes accueillis par le propriétaire de la plus belle maison de le région. Nous profitons de son balcon ensoleillé pour nous faire sécher en admirant la vue splendide sur le Fouta. Déjà, avec l'humidité de mes baskets j'ai les pieds tout endoloris et c'est que le début. En tout nous aurons fait 16km et après une courte soirée à regarder les orages alentours en mangeant un riz-feuille (riz blanc accompagné d'une sauce aux feuilles de manioc mélangé à de l'huile de palme), nous allons nous coucher au sec.
Dimanche 20 juillet:
Il a plu toute la nuit et ce matin il pleut encore. Le ciel est bouché et au lieu de partir à 9h30 nous quittons le village à 11h. La pluie a enfin cessé et nous commençons notre journée par escalader le flanc humide et très escarpé de la "table de Macy". C'est une énorme plaque rocheuse qui culmine à 1000m d'altitude et d'où nous avons une vue imprenable sur tout le Fouta Djalon. Après la descente impérieuse, nous continuons notre rando à travers la dense végétation où le sentier est quasi inexistant en cette saison. Mais heureusement Daïmou connait la région sur le bout des doigts. Nous marchons jusqu'à la rivière de Maci qui serpente sur le boal (sol rocheux laminé par l'érosion) et comme il est déjà 15h et que le sol est sec, nous en profitons pour nous arrêter manger. Après une petite demi-heure de repos nous repartons de plus belle en direction de la cascade de Maci. Nous ne nous attardons pas car la route est encore longue et le temps file vite. Vers 17h le brouillard commence à tomber. Nous marchons à vive allure malgré les montées escarpées et le sol glissant pour arriver à notre campement avant la nuit. Finalement nous atteignons le petit village peul de Fita juste avant la tombée de la nuit. Daïmou nous trouve une chambre chez l'habitant, dans la seule maison en béton du coin. Ici les habitations sont plutôt des grandes cases rondes surmontées d'un toit de paille. Notre chambre doit servir de débarra en temps normal parce que nous y trouvons une moto, des malles, des peaux d'animaux qui sèchent un peu partout et en plein milieu notre matelas en paille. Ici et comme partout ailleurs pas d'électricité. Nous nous éclairons à la bougie (et à la lampe frontale) et nous nous préparons un bon plat de pâtes sur notre petit réchaud. Ce soir, la veillée sera courte. La journée a été longue et nous tombons de fatigue. Aujourd'hui au compteur 18km de marche.
Lundi 21 Juillet:
Aujourd'hui, l'ultime étape se fait en 22km. C'est la plus longue des trois pour rallier Pita, le but de notre périple. Nous partons à 9h30. Le temps est couvert mais par chance il ne pleut pas. Au programme aujourd'hui la magnifique vue des chutes de Kambadaga, 2 grosses cascades qui se succèdent et qui atteignent chacune environ 50m. Puis en remontant le long du canyon, nous traversons le grand pont de liane, à la Indiana Jones et qui se situe en amont de chutes et qui traverse la rivière Kambadaga. Puis c'est la visite du barrage de Kinkon et de sa chute, avec la halte "restauration" (un mini sandwich au maquereau) et e nfin l'arrivée à 17h à l'auberge de Pita.
Nous sommes exténués. Alex a mal aux épaules et aux cuisses à cause de la lourdeur du sac et moi je n'arrive même plus à marcher tellement j'ai mal aux pieds. En même temps c'est normal, ça fait 3 jours que je marche dans des baskets mouillées. En arrivant nous remercions Daïmou qui repart immédiatement sur Dalaba. Et avant de se refroidir complètement, nous prenons une bonne douche gelée. Nous passons le reste de la soirée à lézarder devant la télé en essayant de nous réchauffer. Après une bonne assiette de frites et viande grillée nous allons nous coucher. Il est 20h mais nous nous endormons instantanément, morts de fatigue.
Voila donc un petit aperçu de mon journal de bord. Depuis le 1er Avril, j'écris tout les jours pour ne pas perdre une miette de notre belle aventure et pour pouvoir nous la remémorer quand on le voudra.
En attendant l'aventure elle n'est pas fini et il nous reste une bonne semaine en Guinée avant de retourner à Dakar où nous attendons nos hôtes de pied ferme (endoloris mais fermes).
Nous essaierons d'écrire un article juste avant l'arrivée des vacanciers le 2 Aout.
Merci encore pour vos commentaires, continuez ou commencez si vous ne l'avez pas encore fait.
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Publié à 05:10, le 23/07/2008 dans Guinée, Labé Mots clefs :
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