Voici les péripéties d' Émilie et Alex en Afrique de l'ouest.
L'aventure commence au Sénégal et se poursuivra jusqu'où le vent voudra bien nous porter...
Cette épopée humaine pèsera de tout son poids dans notre vie future...
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Tombouctou, la cité mythique...
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Après notre excursion dans le pays dogon, nous devions initialement partir pour le Burkina Faso. La rencontre avec Maxime a quelque peu changé la donne. Maxime fait le tour du monde avec comme fil conducteur le micro-crédit.
Il nous a proposé de descendre le Niger en pinasse jusqu'a Tombouctou et l'idée nous a tout de suite séduite. Nous sommes hors saison touristique et la saison des pluie se fait attendre, le niveau du fleuve est encore bas. Le bateau reliant Mopti à Gao et passant par Tombouctou n'a pas encore démarré à cause du manque d'eau. Le seul moyen de rallier la ville mythique par le fleuve est donc d'embarquer sur une pinasse de marchandises avec un faible tirant d'eau.

Nous ne passons pas inaperçu ni dans la ville ni aux abords du port lorsque nous décidons de nous trouver une pinasse en partance pour le nord. Les négociations sont rudes, ici on ne discute pas directement avec le proprietaire du bateau. Tout passe par le 'syndicat'. Quelques jeunes loups se chargent de nous dégoter un bateau, des nattes pour les nuits et une grosse quantité d'eau. Chacun prend sont petit bénéfice la dessus.Il est difficile d'y échapper surtout en saison morte.
Après une soirée rafraichissante dans la piscine de l'hôtel, nous passons la matinée du lendemain à faire des provisions pour le voyage qui durera 5 à 6 jours. Nous sommes accompagnés par Ousmane, un jeune que nous avions rencontré a Djénné. Spaghettis, riz, boites de thon et corned-beef, concentré de tomate, oignons et condiments, mangues, cacahuètes et rhum, tout tient dans un carton et peut resister aux morsures du soleil.
Nous embarquons tout les trois à 15h lundi après midi. Notre pinasse mesure un vingtaine de mètres de long et est couverte sur son tiers central par des nattes de palmier rosnier. Elle est chargée de sac de mil, de riz et de savon. La barre est à l'avant et le moteur diesel à l'arrière. Quand le vent est favorable, une voile confectionnée en sac de riz est hissée sur le mât. En guise de cabine, deux nattes posées sur les sacs de mil à l'avant du bateau juste en dehors de la bienfaitrice zone ombragée. Quand le soleil tape trop fort c'est à dire la majeure partie de la journée, nous tendons des pagnes au dessus de nos têtes. Pas de toilettes, mais un trou situé à la poupe de la pinasse, écvacuation directe.

Nous sommes une quinzaine à bord, Ali est le capitaine et fait le voyage avec toute sa famille. Il y a son père, son frêre avec sa femme, son grand fils Abdou et surtout ses deux femmes qui ont pour l'une deux enfants en bas âge et pour l'autre un nourisson. Il y a aussi deux autres voyageurs qui rejoignent leur village.
Les femmes font la cuisine dans un espace aménagé à cet effet et nous sommes invités à partager les repas quasiment à chaque fois. Devant la monotonie des plats proposés ( riz sauce ), nous preferons cuisiner sur notre réchaud à essence qui fascine d'ailleurs les hommes. Nous sommes la principale attraction du voyage surtout lorsque nous préparons à manger. Le soir, tout ce beau monde descend sur la berge pour manger. Les femmes, les enfants et nous trois préferons dormir sur la pinasse.
A chaque arrêt dans les villages qui jalonnent le fleuve, nous sommes acceuillis par une foule de gamins enthousiastes. Ils le sont déja un peu moins quand nous mettons le pied à terre, certains s'enfuient en courant dès que nous approchons et il y a fort à parier que certains n'avaient jamais vu de toubabs de si près. Un soir Emilie improvise un cours de danse sur la Macaréna et moi, quelques enchainements de karaté. Les enfants répètent tous les mouvements avec une discipline exemplaire.
Nous croisons quelques hippopotames en chemin, mais nous évitons de les approcher de trop prés. Le paysage est magnifique malgré le manque d'eau. De nombreux villages peuls, bozos, songhaïs et des campements d'éleveurs nomades bordent le fleuve. Les oiseaux, les berges, les villages, les couchers de soleil et l'évolution des paysages en font un voyage inoubliable.
Nous arrivons à 8h vendredi à Korioumé aprés cinq jours de navigation. Aprés les aurevoirs à l'équipage, nous trouvons un 4x4 pour Tombouctou à 18km de là.

Tombouctou, l'une des destinations les plus légendaires au monde. Rien de plus mythique que ce nom qui rime depuis des siècles avec cité inaccessible et mystère africain. C'est une ville du bout du monde isolée aux portes du Sahara, l'air y est brûlant (48° à l'ombre) et les rues pavées sont régulièrement ensablées. Rien ne peut arrêter le désert qui englouti peu à peu la cité.
Nous dormons sur le toit d'une auberge à l'entrée de la ville et le chemin est parfois long jusqu'au centre ville en pleine chaleur. Les trois mosquées, les maisons en pierre aux superbes portes, les rues pavées, les marchés et surtout l'omniprésence du désert en font une ville fascinante. Tombouctou n'est pourtant plus que l'ombre d'elle même, loin de sa grandeur passée lorsqu'elle servait de terminus aux caravanes reliant la méditerrannée à l'Afrique subsaharienne.
Aujourd'hui encore des touaregs font la navette entre Taoudenni et Tombouctou (740km et 15 jours de chameau) pour descendre des plaques de sel, des dattes et de l'artisanat qui sont ensuite acheminés dans toute l'afrique de l'ouest. Les caravanes avancent de nuit et se repèrent grâce aux étoiles. Arrivés à Tombouctou, leur campement est installé à plusieurs kilométres de la ville loin de la lumière et du bruit. Les touaregs n'ont plus le droit de vendre directement leur produits au marché, les intermédiaires s'en chargent en recupérant une grosse marge sur le dos des nomades qui pourtant font le plus gros du travail.
Nous avons eu le privilège de partager le thé et de marchander quelques objets avec Moussa et ses compagnons de route qui repartent dès demain pour leur village proche de Taoudenni.
Pour nous, la ville de Tombouctou gardera une part de mystère car nous reprenons la route demain et nous n'avons pas eu les moyens financiers de visiter la ville dans ses profondeurs à l'aide d'un guide.
Cette fois nous partons bien pour le Burkina Faso, avec encore une étape ou deux au Mali. Alors à la prochaine pour de nouvelles aventures....
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Publié à 05:03, le 8/06/2008 dans Mali, Tombouctou Mots clefs :
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Fascinant pays Dogon
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Nous voila de retour dans la civilisation 'moderne' après 8 jours d'excursion époustouflants dans le pays Dogon. Une fois que j'ai été remis sur pied, Isaac nous a rejoint à Sévaré et nous sommes partis ensemble à Bandiagara où nous avons passé notre première nuit à la belle étoile sur la terrasse. Les sentiers étant relativement escarpés et sablonneux dans le pays dogon, il vaut mieux voyager léger. Nous avons donc laissé un sac chez Boubacar avant de rejoindre Djiguibombo, point de départ de notre randonnée.
Le pays Dogon est le territoire du peuple portant le même nom. Les villages sont installés le long des immenses falaises de Bandiagara. Certains sont dans la plaine, d'autres sont au pied de la falaise et d'autres encore sont situés en haut du plateau rocheux. Djiguibombo est sur le plateau et après une pause dejeuner-sieste, nous sommes descendus à Kani-Kombolé à 6 Km de là. A peu près à mi-chemin, une vue époustouflante s'est offerte à nous. Du haut du plateau rocheux, la plaine s'étend à perte de vue, les fameux grands espaces africains.
La plaine est parsemée de baobabs, karités, balanzins et autres essences qui tranchent avec le jaune-orangé de la terre nue. Nue en cette saison mais la saison des pluies arrive et bientôt la plaine sera verte des jeunes pousses de mil. Plus tard encore elles sera couverte de haut epis de mil et sorgho, principale ressource alimentaire ici. Les paysages évoluent au fil des saisons. Nous sommes en fin de saison sèche, il fait chaud et c'est arride. Nous n'aurons pas la chance de voir les chutes d'eau et la verdure. En contrepartie, nous ne sommes pas en saison touristique et nous ne croiserons quasiment personne hormis la population locale.
Ces 8 jours ont defilé rapidement et finalement, c'est uniquement le soleil qui rythmait les journées. Tous les soirs, nous nous endormions sur le toit d'un campement sous une magnifique voute étoilée. Le matin, le soleil nous sortait tranquilement de notre torpeur entre 6h et 7h selon notre position par rapport à l'ombre de la falaise.
Après le petit dejeuner nous partions pour notre marche matinale, 4 à 8 km sur les sentiers reliant les villages le long de la falaise. Avant que le soleil ne cogne trop (avant midi), nous nous arrêtions pour le déjeuner dans les villages. C'est seulement vers 16h après une visite du village et une petite sieste que nous repartions à pied (encore 6 à 10 km). Ici pas d'electricité et les panneaux solaires sont rares. Nous passons donc la soirée au campement à la lueur d'une lampe à pétrole. Evidemment pas d'eau courante non plus, les campements sont équipés de gros reservoirs perchés en haut des douches, ici l'eau chaude est gratuite...
Le deuxième jour, nous atteignons le village de Téli le midi. C'est ici que nous découvrons les talents de batisseurs des dogons. Le nouveau village est situé au pied de la falaise mais l'ancien Téli est construit au sommet des éboulis et dans les infractuosités de la paroi. Les premiers habitants de la falaise étaient les tellem avant qu'ils ne soient chassés par les Dogons. Malgré la hauteur de la falaise (400m de moyenne et jusqu'à 700m), les Tellem réussirent à y construire des habitations et des greniers dans des endroits inaccessibles. Ils avaient également l'habitude de déposer leurs défunts au dessus du village dans des cavernes bouchées par la suite avec de l'argile. Leur évolution sur les parois était surement facilité par la présence de lianes et autres plantes grimpantes présentes lors du millenaire precédent.

Un jour alors que j'étais tranquilement en train de faire la sieste sur une terrasse, Emilie me reveille en sursaut et me previent qu'un énorme nuage sombre nous fonce dessus à une vitesse impressionnante. Nous avons à peine le temps de descendre nos affaires a l'abri que déja le nuage de sable englouti le village. Le ciel s'obscurcit en quelques secondes jusqu'à devenir rouge sombre. L'atmosphère est saturée de poussière, plus un bruit alentour à part celui du vent. Nous n'avions jamais vu ça. Le soir nous rejoignons Enndé où nous découvrons les méthodes artisanales de teinture à l'indigo. Le village est également riche en Bogolans traditionnels (cotonnade teinte à partir de terre et de pigments naturels).

Le lendemain, nous remontons par un sentier escarpé jusqu'au village de Begnemato sur le plateau. Pendant la montée, des femmes nous doublent avec des récipients de bière de mil sur la tête. Une fête doit se tenir là haut. Effectivement, c'est jour de mariage et nous sommes invité à partager des calebasses de dolo (bière de mil).
Nous mangeons même du cochon grillé dans le hameau chrétien. Le lendemain nous rendons visite aux écoliers du village. C'est Isaac qui est à l'origine de la création de cette école, en partenariat avec la haute savoie. La redescente dans le vallée est magnifique, on se croirait dans le grand canyon!
A certains endroits des escaliers en pierre nous aident à descendre le long d'une faille, ailleurs des échelles traditionnelles facilitent la descente. Un guide est indispensable au pays Dogon pour tout les aspects culturels. Sans Isaac, nous serions passé à côté de nombreux points essentiels de la culture dogon. Pire nous aurions risqué d'offenser les habitants en marchant sur des sites sacrés et nous aurions été obligé d'offrir des sacrifices (coqs, montons et même vaches) pour rattraper les faux-pas.
L'ensemble des traditions et coutumes dogon est appelée cosmogonie.
La cosmogonie dogon est extrèmement complexe et Isaac n'a pu nous en faire découvrir qu'une petite partie. Les masques sont des éléments important de cette culture. Chaque masque a une place spécifique et une signification propre et nous en avons eu un aperçu lors de la visite du musée Nombori.
La randonnée s'est terminée à Sangha après une rude montée à travers la falaise. De là nous avons rejoint Bandiagara où nous avons récupéré le sac. Isaac nous a quitté à Sévaré pour rentrer à Bamako. Ces 8 jours ont vraiment été dépaysant et riches en découverte. Nous sommes actuellement à Mopti, centre de l'industrie touristique malienne. Ici c'est beaucoup moins calme que le pays dogon. La prochaine étape sera sûrement Tombouctou au pied du désert, la ville mythique du Mali. Du coup il nous faut prolonger notre visa. Puis d'ici une quinzaine de jours, nous descendrons sur le Burkina Faso.
Voilà deux mois que nous sommes sur le sol africain et nous avons toujours autant soif de découverte. Ce continent est énorme et il faudrait des années pour le découvrir en entier. Nous sommes maintenant persuadé que le voyage se finira trop tôt. En attendant il nous reste un pays à découvrir, le pays des hommes intègres.
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Publié à 01:52, le 1/06/2008 dans Mali, Mopti Mots clefs :
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Ségou, Djenné, Sévaré...
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Le samedi 17, nous partons en car pour Ségou. Nous y rencontrons Papou, une connaissance d'Isaac et celui ci nous héberge chez lui. Il est également guide et est sur le point de créer son auberge. Il nous organise une journée de visite des villages alentour en bateau sur le Niger pour le lendemain.
Nous nous réveillons donc avant le soleil pour embarquer sur notre pinasse privée direction Farako, un peu plus en amont sur le fleuve. Ce petit village isolé compte 135 familles de potiers. Plutôt de potières car ce sont les femmes qui s'occupent de tout, du ramassage de la terre jusqu'à la cuisson en passant par le façonnage à la main et la peinture. Nous sommes accueillis chez Aminata, une céramiste reconnue puisqu'elle a été invitée en 2001 à Amiens lors d'un salon international. Sa fille nous prépare à manger pendant que nous faisons le tour du village.
Nous rejoignons ensuite le village historique de Ségou Koro où le prince nous fait la visite guidée. Le village compte beaucoup d'écoles coraniques et de mosquées en banco. Ici comme dans beaucoup d'autres endroits, les enfants me poursuivent en m'appelant 'Paco' et en me demandant où est 'Preta'. Tout ça c'est à cause d'une série Brésilienne (le 'plus belle la vie' local), le personnage principal présente une vague ressemblence avec moi. C'est rigolo.
Nous terminons la journée dans le village de Kalabougou où nous faisons des provisions de poteries pendant que les femmes préparent la cuisson. Ici pas de four, tout est cuit dans d'immenses brasiers constitués d'empilements de branches, de pots et de paille. Malheureusement, nous ne pouvons assister à l'allumage car une tempête de sable se lêve.Nous nous refugions donc dans notre pinasse pour rallier Ségou avant la tombée de la nuit.
Le lendemain, nous partons en car pour Djenné, une des plus belles villes d'afrique de l'ouest construite exclusivement en banco sur une île.
Dès le matin, je me sent faible. Il fait une chaleur étouffante dans le bus et pourtant je ne transpire pas d'une goutte. Au fur et à mesure que les heures défilent, je suis de plus en plus faible et le voyage devient interminable. Je me repose tant bien que mal sur les genoux d'Emilie qui elle a très chaud. Pour couronner le tout, nous tombons en panne en pleine brousse à 5km de notre but et notre calvaire est encore prolongé d'une heure. Arrivés à l'auberge, je ne tient presque plus sur mes jambes et m'effondre sur le lit. Heureuseument, Emilie s'occupe de moi. Elle m'apporte une assiette de soupe que j'ai du mal à avaler, et me donne des médicaments contre la fièvre. J'ai passé 24h à 40° de température mais ensuite les diarhées ont commencé. La nuit fût longue et pas seulement pour moi puisqu'Emilie veillait sur moi.
Le lendemain, tout le monde demandait de mes nouvelles. Nous avons passé une bonne partie de la journée à l'hôpital pour faire quelques tests. Diagnostic: Paludisme.
Nous avons donc repoussé notre excursion dans le pays dogon de 3 jours le temps de reprendre des forces.
Tandis que je me reposait, Emilie est partie visiter la ville qui est particulièrement animée le lundi puisque c'est le jour du grand marché. Les marchands sont installés tout autour de la grand mosquée et dans les rues adjascentes. La mosquée est impressionnante, c'est le plus grand édifice en banco du monde et plus de 4000 volontaires se chargent de la recrepitter chaque année. On peut voir un peu partout dans la ville des tas de terre qui macèrent avec de la paille et du beurre de Karité et qui sert de crépi. La ville compte pas moins de 42 écoles coraniques et des maisons à étages sublimes.
Isaac nous avait donné un contact sur Djenné, PDG (ici tout le monde a un surnom) est resté avec nous durant notre séjour en nous aidant dans nos démarches.
Le lendemain avant le départ pour Sévaré, PDG nous a refait faire un petit tour de la ville pour que je puisse en profiter un peu.
Nous avons donc rejoint Sévaré non loin de Mopti mardi et c'est ici que doit nous rejoindre Isaac pour le pays Dogon. Nous en avons profité pour faire des tests complementaires et les résultats sont tombés dans l'après midi. Je n'ai plus de traces de Malaria grace au traitement de choc que nous avions emmené mais une fièvre typhoïde n'est pas à écarter donc traitement antibiotique automatique...
Typhoïde, le mot fait peur mais ce n'est pas très grave. C'est juste une infection intestinale qu'il faut soigner correctement pour éviter les complications.
L'afrique est hostile pour nous les occidentaux. Je n'échappe pas à la règle et c'est peut être le prix à payer pour la découvrir en profondeur. J'espère simplement que je serait à la hauteur si Emilie tombe malade, je ne suis pas infirmière moi.
A nous deux nous avons perdu 15 kilos mais c'est surtout la carence en beurre demi-sel, gorgonzola, super-poulain du matin et en bon plats de chez nous tout simplement. La chaleur y est également pour beaucoup. Nous avions tous les deux fait des réserves le mois précédent le départ dans la famille et chez les amis mais là le stock est épuisé...
Nous devons partir demain Vendredi pour le pays Dogon. On dit que c'est un des dix endroits à voir avant de mourir. Nous sommes rassurés car nous n'avons pas encore vu tous les neuf autres.
Désolé mais le materiel ne nous permet pas de mettre des photos qui pourraient illustrer cet article et le précedent. Nous en mettront plus tard. Mis a part ce petit contre temps sanitaire, le moral est toujours bon et nous avons toujours aussi soif de découvertes.
Le prochain article sera surement écrit de Mopti et nul doute qu'il sera long vu la richesse culturelle du pays Dogon.
Merci encore à ceux qui communiquent, continuez comme ça.
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Publié à 08:00, le 22/05/2008 dans Mali, Sévaré Mots clefs :
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Un dimanche à Bamako...
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Bonjour à tous, beaucoup d'eau a coulée sous les ponts du fleuve Niger depuis le dernier article mais soit nous n'avions pas de temps, soit nous n'avions pas de materiel. Merci à tous pour les commentaires et les messages, ça fait chaud au coeur. Merci aussi aux copains pour les surprises. Nous sommes actuellement a Sévaré mais cet article relate notre séjour à Bamako que nous avons quitté il y a une petite semaine.
Le trajet en train Kayes-Bamako dure normalement 12 heures. Le vieux train qui remplace le nouveau qui avait deraillé, s'est mis en branle à 20h15 avec une ponctualité remarquable. Nous avons pris des places en 1ere classe et nous avons eu raison car les wagons 2ème classe étaient surchargés et la place manquait.
Il fait une chaleur torride a l'interieur. La tôle a enmagasiner la chaleur de la journée pour nous la redistribuer durant toute la nuit. Toutes les fenêtres sont ouvertes mais à 60 km/h de vitesse de pointe, l'air a du mal à entrer. En fait, les ouvertures servent plus à commercer avec les inombrables marchandes qui attendent le train à chaque arrêt et ce même en pleine nuit. Ici pas d'étales, les femmes portent leurs maigres échoppes sur la tête à hauteur des voyageurs. Arachides, boissons, viande grillée, sandwichs, oeufs et des centaines de kilos de mangue, c'est tout ce que les gens ont à offrir dans ces villages. La ligne ferroviaire joue donc un rôle important et permet à ces familles de subsister. Nous arrivons à dormir quelques heures recroquevillés sur nos banquettes avant d'être reveillés par le soleil.
En Afrique, il n'y a pas d'aube ni de crépuscule. Le matin, le soleil est littéralement expulsé de l'horizon et il fait grand jour en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Le soir, il atteint rarement l'horizon car il disparait derrière un voile épais et vous plonge dans les tenèbres de la nuit. Nous regardons défiler les paysages et plus on se rapproche de Bamako, plus la terre devient rouge, la végétation est plus dense et quelques reliefs surgissent de nulle part.
Nous arrivons à midi après 15 heures de voyage. Nous partons à pied à la recherche de notre hôtel dans le centre ville et nous le trouvons facilement. Aprés un bon tieboudien, une bonne douche à l'eau tiède et une petite sieste de recupèration, nous partons arpenter la ville. C'est la saison morte alors nous sommes rapidement sollicités par quelques guides. L'un d'eux nous conduit à "la terrasse", lieu d'exposition et de vente d'objets d'art et autres statuettes, bogolans et bijoux en veux tu en voilà. C'est également le lieu de rencontre des jeunes artistes du quartier. Nous rencontrons Adama surnommé Noss. C'est vraiment rigolo car il s'est souvenu d'Emilie. Ils s'étaient rencontrés en 2002 et ils ont même une photo ensemble! Il est prof de percu et est venu jouer plusieurs fois en France. Le courant passe bien entre nous.
Le lendemain nous partons nous promener dans le grand marché et j'y fais couper ma barbe devenue un peu trop fournie. Après un tour dans le marché artisanal, nous cherchons les stands des fétiches et c'est à l'odeur que nous les trouvons. Il faut avoir l'estomac bien accroché pour rester plus d'une minute devant de tels étalages. Des têtes d'animaux en décomposition sont empilées un peu partout et il nous a fallu un peu de temps pour identifier celles des hyènes. D'autres objets inconnus et indescriptibles y sont aussi entassés. Toutes ses choses sont utilisées par les féticheurs et marabouts lors de sacrifices ( pour avoir la force, pour trouver un travail, pour avoir une deuxième femme...).
Le soir nous rencontrons Isaac à la terrasse. Il est guide mais suppose d'entrée à la vue de notre teint halé que nous sommes à la fin de notre séjour. Après avoir fait connaissance, il nous propose de nous héberger chez lui et nous discutons d'une excursion dans le pays Dogon. Isaac est très pro, il nous montre des lettres de recommandation, des photos et nous définissons avec lui un programme sur mesure, contrat à l'appui. Nous nous donnerions rendez vous le mardi 20 mai à Sévaré, ce qui nous laisse le temps d'aller visiter Ségou et Djenné. Il nous recommande également des personnes à contacter sur place pour les bons plans. Puis une fois ensemble nous partirions pour une excursion de 8 jours dans le pays Dogon. Nous tombons d'accord, contrat signé!
Le lendemain, nous partons chez un ami d'Adama qui habite sur l'île aux baobabs, sur le fleuve Niger, non loin de Bamako. Une courte traversée en pirogue et nous atteignons ce petit hâvre de paix. Au menu, riz gras à la pintade, fraichement égorgée par Seïdou puis préparée avec amour par Aceitou et Emilie. Pendant ce temps là nous faisons le thé entre hommes, tradition oblige, à l'ombre d'un grand manguier. Après ce bon moment de détente suivi de ce succulant repas nous partons nous promener en pirogue et assistons à un magnifique couché de soleil sur le Niger, loin de l'effervescence de la capitale qui est pourtant juste à côté.
Bamako est une ville où plusieurs atmosphères se mélent. Certains quartiers sont très calmes, avec de larges avenues ombragées. Le centre ville et particulièrement le grand marché sont très animés et il est difficile d'y circuler même à pied. Il y a énormement de circulation et surtout des petites motos chinoises les Jakarta, bien polluantes. La ville étant entourée de collines, la pollution doit être infernale certains jours. Une de ces collines abrite la fac de médecine et l'hôpital du point G! De là, la vue sur la ville y est tellement belle que c'est peut être de là que vient le nom!
Nous sommes resté 5 jours dans la capitale et il ne fut pas désagréable de la quitter pour d'autres contrées plus paisibles et plus riches en découverte, toujours plus vers l'est...
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Publié à 06:00, le 21/05/2008 dans Mali, Bamako Mots clefs :
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Destination Mali...
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Il faut un certain courage pour braver la route sans fin, cahoteuse et pleine d'ornières qui relie Dakar à Kidira, le principal poste frontière entre le Sénégal et le Mali. Prévenus et conscients de cela, nous nous sommes levés à 6h mardi matin et ce n'était pas chose facile car depuis 1 mois le réveil avait plutôt l'habitude de sonner vers 9 ou 10h. Qu'importe, nous étions motivés pour ce nouveau départ et nous avons rallié "pompiers" la principale gare routière de Dakar, attendu notre 7 places pour Tambacounda, acheté quelques fruits pour la route et la voiture s'est mise en branle à 7h30 precises.

Notre véhicule comme la plupart des autres 7 places du continent est une 505 break hors d'âge rafistolée de toutes pièces, les amortisseurs sont morts depuis longtemps, de la rouille en veux tu en voila, les 4 pneus sont lisses et de taille différente, aucun compteur ne fonctionne, le pare-brise est cassé et je n'ose pas imaginer comment, une porte sur deux s'ouvre, les sièges sont usés, limés et on s'enfonce dedans jusqu'a ce qu'une barre métallique et fort douloureuse ne vous calle tant bien que mal. Dans notre malheur nous avons de la chance car pour 1000Cfa de plus nous avons négocié la banquette du milieu et les fenêtres s'ouvrent.
L'objectif de la journée est d'atteindre Tambacounda, d'y passer la nuit et de rejoindre Kayes au Mali le lendemain en passant par Kidira à la frontière. Tamba est à 350 Km de Dakar mais ici on ne raisonne pas en Km pour calculer les temps de parcours. Tout dépend du trafic, de l'état des routes et bien sûr de fiabilité du véhicule.
Il nous a fallu au mois 1h30 pour sortir de Dakar et a chaque arrêt dans les bouchons, une multitude de vendeurs ambulants et de talibés (enfants confiés à des écoles coraniques et contraints de mendier toute la journée pour recevoir une maigre portion de riz et va savoir ce qu'il leur arrive si la somme qu'ils ramènent le soir n'est pas suffisante).
La route jusqu'à Kaolack (a mi-chemin) est bonne mais de Kaolack à Tamba, elle est parsemée de profonds nids de poule et il est plus facile de rouler sur les pistes a coté que de zigzaguer sans cesse entre les obstacles (trous, chèvres, moutons, vaches, vélos...). Sur la route nous croisons quelques carcasses d'animaux, je comprends mieux maintenant l'état de notre pare- brise...Il a aussi des épaves de voitures sur le bas coté. Ici l'accident ne pardonne pas, il n'y a pas de ceinture et la plupart des chocs sont frontaux...Heureusement nous avons un bon chauffeur et nous arrivons à bon port après 10h de route et une seule pause au bout de 7h car ici toutes les 7 heures une pause s'impose... Difficile pour ceux qui ont la vessie sous-dimensionnée mais de toute façon le chauffeur s'arrête sur demande.
Pour nous le choix de l'auberge est facile, nous cherchons la moins chère. Après nous être installés dans notre chambre surchauffée et heureusement ventilée, nous partons visiter la ville jusqu'à la nuit. Tambacounda comme pour beaucoup de voyageurs n'est pour nous qu'une étape. La ville est agréable et mérite l'escale. Des files de voitures partent dans toutes les directions, la ville se situe à l'intersection des routes menant au Mali à l'est, en Guinée au Sud, en Gambie à l'ouest et en Mauritanie au Nord.
Le lendemain, nous quittons le garage (comprenez gare routière) à 7h30 pour Kidira mais cette fois nous avons moins de chance, les fenêtres ne s'ouvrent pas et la voiture tombe en panne au bout de 30 Km. Le moteur a surchauffé et comme la jauge de température ne fonctionnait pas, le chauffeur a attendu que de la fumée sorte du capot pour s'arrêter.
Diagnostic:
Faisceaux électriques fondus sur la culasse et plus d'eau dans le moteur. J'ai rafistolé les fils et nous avons attendu que le moteur refroidisse pour remplir l'eau.
Bilan:
Une heure d'attente heureusement dans un petit village de brousse où il y avait un peu d'ombre.
Nous avons avalé les 184 Km menant à la frontière en 4 heures grâce à mes maigres compétences en mécanique auto...
Le passage de la frontière s'est passé sans encombre. Il n'y a aucun affichage, seulement quelques bidons qui bloquent la route pour indiquer les check-point. La sortie du Sénégal a été facile mais pour le tampon d'entée au Mali, nous avons dû trouver nous même le poste de police situé à 500m à l'écart de la route. Les policiers Maliens étaient tranquillement en train de boire le thé sous un arbre et ils nous ont rapidement tamponné nos passeports. J'ai même pu essayer une vraie paire de menotte comme dans les films. Ici les récalcitrants sont juste attachés à un banc. Les policiers nous ont proposé de manger avec eux mais nous avons préférer rejoindre au plus tôt le garage pour Kayes.
Nous y sommes arrivé le soir à 17h et nous sous sommes installés au centre d'accueil de la jeunesse. Selon les dires, Kayes est la 'cocotte minute' du Mali non pas par la pression qui y demeure mais bien par la chaleur qui y règne. Les 40 degrés à l'ombre y sont fréquemment dépassés et c'est cette chaleur qui nous a cueilli dès la sortie de la voiture. Jamais nous n'avions transpiré autant, les gouttes se forment a vue d'oeil sur la peau et nous devons boire beaucoup d'eau pour compenser la transpiration. Nous avons l'impression que l'eau que nous buvons ressort instantanément.
Le soir,miracle, une pluie tropicale salvatrice s'abat sur la ville. Alors que tout le monde se met à l'abri, nous profitons de cette aubaine après cette torride journée. Je sors en caleçon dehors et me douche sous cette eau froide, j'y reste une demi heure. Emilie quand a elle sort toute habillée car une tenue correcte est exigée à l'auberge... C'est vraiment du bonheur, il pleut des cordes et le vent s'y mêle. Le sol a du mal à absorber toute cette eau et nous pataugeons rapidement dans une boue rouge qui nous glisse entre les orteils. Les crapauds sortent aussi, au moins nous ne sommes pas les seuls a être contents.
Après une nuit brûlante, nous nous réveillons tous moites et partons arpenter la ville après avoir dévorer une mangue chacun en guise de petit-déj. La ville est plaisante, elles est situé a cheval sur le fleuve Sénégal et nous barbotons un peu sous le pont. C'est ici que les enfants jouent et que les femmes lavent leur linge.
La ville a gardé quelques anciens bâtiments coloniaux et le marché est gigantesque. Nous crapahutons toute la matinée et vers 14h nous nous mettons en quête de quelque chose à nous mettre sous la dent. Nous nous rendons rapidement compte qu'ici les restaurants ne courent pas les rues contrairement au Sénégal. Nous finissons par en trouver un où nous avalons un couscous viande sauce arachide et un peu de sable qui croque sous la quenotte.
Nous attendons le train pour Bamako qui doit partir vers 20h. Il faut 12h pour parcourir les 600Km jusqu'a la capitale, on est loin de notre TGV...
En attendant nous essayons de nous acclimater a cette température mais pour ma part j'espère bien que le ciel nous tombera sur la tête encore une fois ou deux.
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Publié à 07:52, le 9/05/2008 dans Mali, Kayes Mots clefs :
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